Essai sur le matériel nécessaire
à la production d’une BD

Par Sparta

Cet article s’appuie notamment sur « l’Apprenti Mangaka »(Glénat) de Toriyama et Sakuma ainsi que du premier et troisième tomes de la série « How To Draw » publié en France sous le nom de « Dessin de Manga » (Eyrolles). Il ne s’agit pas d’une compilation des conseils de ces œuvres, mais plutôt de références à l’appui de mes quelques années de production de BD amateure et de mes observations.

Ici, vous ne trouverez pas de liste exhaustive et atrocement précise sur le matériel à acheter. L’intérêt du propos ne réside pas dans la vaine promotion de ma méthode de travail mais dans l’orientation de vos choix selon vos préférences. Il n’y a pas de solution miracle ou de matériel magique pour faire une belle BD. Tout est dans votre main et votre tête, c’est vous l’auteur, l’artiste.

Le support

Avant tout, il vous faut un « endroit » où poser votre BD. Il existe deux voies pour cela :

-La voie Traditionnelle qui sous entend un support physique, à savoir une feuille de papier.
*Dragon Ball, Astérix, Teenage Mutant Ninja Turtles,…

-> Il est recommandé d’avoir un format suffisamment grand pour pouvoir être à l’aise en terme d’espace sur votre page. Ainsi le A4 est le plus neutre et pratique puisqu’il vous permet de protéger vos originaux dans des pochettes plastique sans avoir à vous ruiner.

-> Le grammage est une donnée non-négligeable. Quelque soit votre méthode d’encrage, il vaut mieux opter pour un papier assez épais pour éviter que votre encrage bave. Mais ne vous ruinez pas, évitez simplement le 80g/m² .
La combinaison de ces deux données (Format & Grammage) et accessoirement du nombre de feuilles fera varier le prix de la rame.

-> Le grain peut aussi être une donnée intéressante. C’est principalement une question de ressenti. Un papier lisse glissera sous votre crayon ou feutre tandis qu’un papier à grain aura tendance à accrocher.

-La voie Numérique qui sous entend que vous aurez besoin d’un logiciel informatique.
*Macross The First, notamment les blog BD ou Webcomics…

Ici, aucune question de format ni de grammage. Tout est paramétrable dans votre logiciel à « moindre » coût.

Votre choix de départ conditionnera la suite de vos achats. Attention ce pendant, pensez à votre budget ! L’une ou l’autre voie demandera, de toute manière, un investissement plus ou moins important. La nuance entre l’une et l’autre, d’un point de vue pécuniaire, réside dans le cycle de « mise à jour » ou d’entretien de votre matériel.

A noter, aussi, que ces deux voies ne sont pas imperméables. Elles se mélangent couramment, voir obligatoirement. Plus de détails à ce niveau dans la suite.

Votre « crayon » et votre gomme

Concernant la voie traditionnelle, vous aurez besoin de quoi construire et travailler votre planche. De manière générale et archaïque, la mine graphite se trouve être un puissant allié. Que ce soit critérium, porte mine, crayon, vous serez servis. Chacun des outils cités à des caractéristiques différentes concernant la taille de la mine ou encore le poids de l’engin. Ici pas de solution miracle, utilisez ce avec quoi vous êtes le plus à l’aise.

Quelque soit votre choix « d’engin », vous serez confronté au choix de la mine. H, HB ou B ? Que choisir ?
-> Une mine H (hard) sera dure et fournira des traits pâles.
-> Une mine B (bold) sera grasse et donnera des traits foncés.
-> La mine HB (hard/bold) ou F (fine) aura des traits disons neutres.

Choisissez donc votre mine selon votre propreté et votre assurance dans vos dessins. La mine HB étant la mine neutre, c’est avec celle-ci que vous prendrez le moins de « risque ». Par la suite ou même directement choisissez la mine avec laquelle vous avez le plus d’affinités.

Pour la gomme le plus pratique et utile reste les gommes blanches molles ou douces. Vous pouvez aussi opter pour une gomme dite « mie de pain » qui vous permet d’être plus précis et diffus dans votre gommage. Il est préférable d’éviter les gommes en plastique fantaisistes ou autre gomme bicolore (bleue et rouge) qui ne feront qu’étaler plutôt qu’autre chose.

Concernant la voie numérique, vous pouvez très bien utiliser votre souris si vous êtes patients et très courageux ! Le plus pratique reste néanmoins la tablette graphique. Il en existe pour différents budgets. N’étant pas spécialiste de ce domaine, je me contenterai de vous dire de ne pas tabler dans les gammes faramineuses ou dans les gammes vraiment à bas prix. L’une ne vous sera pas nécessaire dans l’immédiat et l’autre vous frustrera bien trop vite (comme un instrument de musique). Ici encore, c’est une question de budget. Pour quelques pistes, les Wacom/Bamboo sont les plus répandues et reconnues en terme de rapport qualité/prix (A COMPLETER-CORRIGER).

Votre gomme ici ne sera qu’un bon CTRL+Z ou POMME+Z ou encore la gomme de votre logiciel.

Le tracage des cases et autres traits droits

Règles ou équerres voire les deux, tout est pertinent. La seule recommandation qu’il est judicieux de suivre est d’éviter ce qui est « plat ». Avoir un petit bec surélevé évite les vilaines bavures à l’encrage !

L’encrage

Encore une section à plusieurs entrées. Vous n’êtes pas catégoriquement obligé d’encrer votre page. Vous pouvez très bien garder vos traits de crayon suffisamment nuancés. Cela dit, l’encrage est un plus dans la propreté, la finition et la conservation de vos planches tout à fait avantageux. Vous n’aurez aucunement le risque de voir vos traits s’estomper suite à de quelconques frottements.

Pour cela, plusieurs choix s’offrent à vous :

-> Le stylo,il est peu recommandé dans l’encrage principal d’une bande dessinée : il passe moins bien au scanner qu’un rotring ou un feutre (le Bic aura un rendu plus gris, du coup il demande quelques réglages au scanner, sans parler des risques de bavure, très fréquentes). il est plutôt utile au hachurage, ou au tramage, car il permet de mesurer son trait : appuyé ou léger et ainsi de créer des effets plus veloutés que n’importe quel autre outil ! (pour les cheveux, un pur bonheur !). Ca reste aussi le plus abordable et le plus polyvalent des outils (il fonctionne sur tous les types de papier sans distinction, et on le trouve dans n’importe quel supermarché). Il existe en pointe normale (bic crystal et à peu près tous les types de stylo à bille qu’on trouve) et fine (bic original, à coque jaune). Attention pas d’aquarelle ou de feutres à alcool par dessus !

-> Le Feutre. (stylo pointe feutre à épaisseur fixe) / Rotring

Moins onéreux que les pinceaux traditionnels, les stylo pointe feutre permettent d’atteindre le plus haut degré de précision. Leur trait ne connaît pas de variation contrairement à une plume ou un pinceau, cela vous garantit une certaine uniformité dans le trait.
On les utilise volontiers pour encrer les détails, également pour faire des pointillés, des hachures, ce qui est impossible avec les instruments sus-cités.
L’autre avantage est qu’ils ne salissent pas (démontage du rotring très laborieux) et qu’ils sont plus faciles à manier (pas besoin de tremper la mine dans un pot d’encre ou d’eau, pas de cartouche à changer).
On les utilise quasi-systématiquement pour tracer les gouttières d’une bande dessinée.

Niveau défaut, ces stylos ne permettent pas de varier l’épaisseur du trait. Certains repassent plusieurs fois sur un même trait pour y rajouter des pleins et des déliés et ainsi le rendre moins froid, mais le résultat n’égale pas la plume.
Précisons aussi qu’à la longue, il peut se révéler très cher d’en racheter à chaque fois qu’ils s’usent.

Pour les rotring, ils sont très cher, il faut les démonter à chaque fois que l’on veut les recharger et c’est un vrai calvaire (et généralement ça met de l’encre partout pour peu que l’on soit aussi doué qu’Akioh ! =p ). Il faut aussi les entretenir sinon la mine se bouche et rend le rotring inopérant.

-> La plume et l’encre de chine qui est le plus polyvalent de tous mais aussi le plus délicat à maitriser. Les pleins et les déliés naturels se font aisément à la pression. L’entretien est assez minutieux.

-> Le pinceau et l’encre de chine qui se rapproche assez de la plume avec une souplesse supérieure. Les pleins et les déliés sont plus faciles à obtenir. Des bds comme Asterix ou Watchmen sont encrés au pinceaux, mais c’est rare d’en trouver dans le manga (Vagabond de Takehiko Inoue). Un pinceau synthétique est recommandable car la pointe se tient mieux. Il se doit d’être absolument impeccable si on veut obtenir un trait fin, donc le laver après chaque utilisation, et dès que la pointe n’est plus parfaite, autant en changer.

-> Le Pocket Brush de Pentel qui est similaire à un pinceau avec un débit moindre. Il est rechargeable !

Quelque soit votre outil d’encrage, il est pertinent d’avoir au moins 2 épaisseurs de trait suffisamment perceptibles à disposition. Notamment pour différencier un personnage d’un décor ou encore d’ajouter des détails fins sur l’un ou l’autre. Vous pouvez bien sur combiner ces outils pour encrer différents éléments de votre planche (cases, persos, décors, onomatopées)

Pour le numérique, il s’agira d’ajouter un calque par-dessus votre brouillon pour tout mettre au propre. C’est encore une question de réglages dans votre logiciel.

La finalisation

C’est ici que le traditionnel rejoint le numérique. Vous aurez besoin d’un scanner et d’un logiciel de retouche. Afin de diffuser votre BD ou de la faire imprimer il faudra la numériser. La nettoyer avec votre logiciel et y ajouter le texte définitif dans les bulles. Vous pouvez éventuellement ajouter des trames numériques qui ont le mérite d’être gratuites mais il faudra néanmoins passer par la case « recherche sur le web » ou la création personnelle.

En terme de logiciel, il en existe plusieurs. Des gratuits, des payants et des payant qui sont « gratuits » (vous me suivez ?…). On peut citer notamment The Gimp, Photoshop, Illustrator, Paint Tool Sai, Paintshop Pro, …