Avant tout, la mise en page c’est quoi concrètement ?

La mise en page, de manière générale et surtout dans le monde de l’édition  de vos journaux ou tabloïds favoris, c’est l’organisation visuelle d’une page. La façon d’agencer avec harmonie textes et images afin de garantir une lecture agréable d’un article et une présentation esthétique.

Toute l’importance de la mise en page est dans ces deux points clés : Esthétique  et Lisibilité.
Non seulement c’est beau à regarder mais c’est aussi intéressant à lire ! Il s’agit d’un travail à part entière : c’est le rôle du ou des pigistes dans une rédaction.

Mais comment le petit auteur de BD, souvent tout seul, doit-il s’improviser pigiste ?

Dans cette étape de création de sa BD, l’auteur a la chance de ne pas avoir à s’occuper du texte comme un élément décisif à disposer.  Pour sa mise en page, il devra s’occuper de ses images. Et ses images à lui ne sont autres que les cases.

Avant de pratiquer, il est plus simple de comprendre une mise en page en l’observant. Ainsi chaque page de BD est généralement découpée en cases étalées sur plusieurs bandes horizontales. En prenant cette page de manga que tout le monde connait, on distingue parfaitement les cases dans les bandes horizontales.

En observant vos mangas favoris, vous pouvez constater qu’on trouve généralement 2 à 3 cases par bande et 3 à 4 bandes.  Cet ensemble est souvent arrangé de façon asymétrique afin de garder une certaine dynamique dans la page pour ne pas tomber dans un quadrillage disgracieux et ennuyant.

Si vous êtes un peu plus vieux,  vous avez surement dans votre bibliothèque une sacrée poignée de vieux titres et vous pourrez sans doute vous rendre compte que la mise en page à bien évolué au fil des générations. Entre Osamu Tezuka et Haruhiko  Mikimoto, il y a un monde.

Mise en page de Tezuka

 

Mise en page de Mikimoto

 

Les cases font évidemment partie de la page mais les vides entre ces cases aussi ! C’est dans ces transitions invisibles, appelées gouttières, que l’imagination du lecteur prend le pas pour relier deux cases.  En général les gouttières verticales sont sensiblement  plus fines que les gouttières horizontales, ce qui donne une meilleure forme générale aux cases.

C’est bien joli, mais comme le plus important reste les cases, comment les choisir ?

En restant simple, tout dépendra de ce que vous allez raconter et quelle importance vous voulez accorder à ce que vous mettez dans la case. En clair, ce que vous raconter va influer sur votre case, page et votre chapitre entier. Il faut donc insister sur le fait que le travail de mise en page se fait au moment du storyboard.

Du coup dans la pratique, de grandes cases pourront signifier un élément important ou qui dure dans le temps. Une révélation importante d’un personnage dans une grande case sur une bonne moitié de page peut donner tout un impact. Les grandes cases sont aussi utilisées pour introduire un décor afin de bien situer l’espace.
Une case plus petite peut servir de transition ou encore signifier quelque chose qui se déroule plus rapidement dans le temps.  Elle peut aussi être utile pour montrer un élément qui n’aurait pas besoin d’une case énorme. C’est ce qu’on pourrait appeler un « focus » (concentration sur un point – terme très utilisé au cinéma et dans la photo)

La verticalité est aussi utilisable : par exemple une chute peut prendre tout son sens dans une grande case verticale. Une case horizontale peut évidemment donner tout une dimension à une course poursuite ou une avancée.

Observez vos BD préférées pour voir que tout ceci se mélange à foison.Je vous invite à relire notre article sur les cases par Eskhar Hygan !

le découpage et la forme des cases !

Les 3 grandes questions que le lecteur ne doit pas se poser !

On ne sait vraiment pas par où commencer sur cette page...

 

Où ? Qui ? et Comment ?  Bien que ces points touchent à la mise en scène et parfois à la composition, la façon dont vous voulez montrer ce que vous racontez influera sur le choix des cases.

Si lors d’une scène, ces questions ne trouvent pas de réponse dans l’esprit du lecteur, votre travail est bon à recommencer. Si ces 3 éléments clés sont évidents dans votre page, alors vous aurez atteint la Lisibilité et la compréhension.

Il faut surtout que votre lecteur ne soit pas perdu dans le sens de lecture. Il faut que la prochaine case à lire soit évidente.

Donc pour la partie esthétique et fantaisiste, il faudra surtout jouer de variation de plans, d’angles et donc trouver des mises en scènes habiles. Par exemple, lors de dialogues, il est judicieux de faire vivre les personnages, les faire bouger plutôt que de se regarder face à face dans des cases carrées. On peut aussi entrecouper les plans de personnages par des plans du décor (cette technique narrative s’appelle le « hors champs » ).

Ainsi un rythme se crée dans votre scène, votre page. Vous créez de la tension et appuyez votre histoire grâce à ce que vous montrez et la façon dont vous le montrez. Privilégiez la compréhension plutôt que les effets contemplatifs à foison inutiles. (évitez de faire 3 pages sur un mec qui se lève simplement de son lit ! )

Ce qui  fait une habile transition pour le prochain gros article qui sera sur la composition des cases !

Tous ces conseils sont des règles de base. Il toujours possible et même conseillé de jouer sensiblement avec. Mais avant de pouvoir partir en freestyle, il vaut mieux décortiquer vos BD/mangas/ comics favoris. La mise en page dans son principe est universelle. Ses applications sont infinies. Prenez ce qui vous plait mais surtout comprenez le.