Tutoriaux et conseils d'auteurs

Retrouvez ici tous les conseils de différents auteurs concernant le monde de la bande dessinée.

Tutorial Gimp – Coloration d’un dessin

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Coloration Facile avec The Gimp

Ce tutorial est écrit par Alvin et réalisé avec le logiciel The Gimp, que vous pouvez télécharger gratuitement ici.

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Le Storyboard – Tutorial

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tutorial storyboardUn article d’Alan Heller

Le storyboard est à l’origine un outil de pré-production cinématographique. Il définit globalement les plans à tourner. Il s’agit donc d’une préparation visuelle qui prend la forme d’une BD !

 

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Promarkers et feutres a alcool

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Dessin et feutres a alcool

Par Eskhar Hygan (article) et Sparta (vidéo).

Alors que la colorisation numérique semble gagner toujours plus d’adeptes, pouvez-vous imaginer qu’une très grande part de nos mangakas vénérés préfèrent utiliser les feutres à alcool pour leurs illustrations, y compris celles qui orneront les jaquettes de leurs oeuvres ? Pour n’en citer que quelques-uns : Masashi Kishimoto (Naruto), Tite Kubo (Bleach), Takeshi Obata (Hikaru no Go), ou encore Yusuke Murata (Eyeshield 21), … … et bien, oui, vous pouvez ne pas en revenir, mais il est bel et bien possible d’obtenir de tels résultats avec des feutres… pas de simples feutres comme on en trouve en grande surface au moment de la rentrée scolaire, bien sûr, mais des feutres à alcool ! Sous cette domination se cache en fait un grand nombre de marques différentes, chacune proposant des feutres aux modalités spécifiques, avec un panel de teintes différent.

Principes communs à tous les feutres à alcool :

Comme leur nom l’indique, ce ne sont pas des feutres à eau ordinaires, lavables et tutti quanti… Il faut donc faire attention quand on les manipule (certaines marques, non disponible à la vente en France, sont à utiliser la fenêtre ouverte tant l’odeur donne la migraine !). Mais comme l’alcool sèche plus lentement que les feutres à eau traditionnels, ils ont l’avantage de permettre des aplats lisses, pour peu qu’on travaille vite (c’est pas magique non plus).

Le Papier : les feuilles de papier machine ne sont pas particulièrement adaptées… Le papier absorbe énormément avec un effet buvard, et l’encre traverse la feuille pour tâcher ce qu’il y a en dessous… Il existe du papier, dit « layout » au toucher plastifié, conçu exprès pour l’utilisation des feutres à alcool : comme il n’absorbe pas l’encre, le feutre ne sèche pas aussi vite et permet donc un travail des aplats. De plus, les couleurs auront un rendu très lumineux. Mais de ce fait, l’encrage est délicat sur ce type de papier, et les tâches sont vite faites si on ne s’impose pas un temps de séchage… A défaut, le papier bristol (un papier lisse épais satiné) fera parfaitement l’affaire et évitera ce problème (du papier lisse « satiné » à partir de 160g pour être sûr que le feutre à alcool ne traverse pas – ex : la ramette de 250 feuilles 160g clairefontaine à 5,80€) Le papier à grain fort, lui est à éviter sous peine d’abimer les pointes de vos feutres (sans parler de la pointe du stylo feutre que vous utiliserez pour encrer !)

Prenez la liberté d’expérimenter plusieurs types de papier, plus ou moins lisse, pour observer les différences de rendu . Exemples : à gauche un dessin réalisé sur papier bristol (on voit nettement la brillance des couleurs et des contrastes) et à droite un dessin réalisé sur papier sketch 90g Clairefontaine (ce papier qu’on trouve dans les blocs à esquisses : on remarque un rendu plus terne des couleurs, mais aussi plus velouté sur les teintes chair ou grises) . On peut ainsi obtenir des effets de texture particuliers en fonction du grain du papier.

Le Line : attention au feutre que vous utilisez pour faire votre dessin ! Le stylo à bille est à proscrire (il bave et déteint au violet, une vraie cata !), le crayon aussi (trainées grises), ainsi que toutes les encres qui risquent de se voir diluer par l’alcool contenue dans les feutres… Le mieux c’est encore de faire des tests, tant il existe de marqueurs différents pour faire vos lines, mais l’encre de chine (rotring, plume, staedler), l’encre aquarelle colorex (donc à la plume aussi) et les marqueurs waterproof (par exemple la marque « ArtLine » – il s’agit de « feutres architecte » qu’on trouve en papeterie pour environ 3€) résistent bien au passage du feutre à alcool.

Les Différentes Marques de Feutre à alcool

¤ Promarker

Le plus célèbre ! Pourquoi ? Parce que c’est aussi l’un des plus abordables
tarif : 2,90€ l’unité chez Rougier et Plé , 2,45€ l’unité sur « Géant des Beaux Arts »
– marque : Letraset – dispo en 147 teintes
double pointe : une pointe large biseautée, et une pointe fine dure
rechargeable : NON

comment se servir des promarkers

¤ Tria

Le grand nom du feutre à alcool, qui reste aujourd’hui encore le plus modulable et celui qui dispose du plus grand panel de teintes. Un feutre à trois pointes (Letraset en a fait une nouvelle version, mais il est encore possible de trouver les tria 1ère génération alors attention car les pointes sont différentes) rechargeable, soit par cartouches, soit par bouteille, dont on peut remplacer les pointes lorsqu’elles sont usagées. Pourtant ce feutre est fortement décrié à cause de ses bouchons qui ferment mal.

tarif : 3,95€ l’unité chez « Géant des Beaux Arts », 5,96€ chez Planetecouleur.com recharge cartouche : 4,50€ environ… difficile à trouver recharge bouteille : 9,55€ chez Planetecouleur.com
marque : Letraset
dispo en 294 teintes
tripointe : une pointe large biseauté, une pointe moyenne pinceau, une pointe fine dure 1ère génération : une pointe large biseauté, une pointe fine dure, une micro-pointe La micro-pointe est encore disponible pour les tria nouvelle génération, en tant qu’accessoire à acheter à part.
– rechargeable : oui par bouteille ou cartouche

Tria première génération

Feutres Prismacolor

¤ Très proches des Tria 1ère génération Il existe aussi les Prismacolor, mais quasiment introuvables en France donc je ne les passerai pas en détail.

¤ Copic

La marque copic offre une gamme très vaste de marqueurs, qui s’adresse à tous les types de public (Ciao pour les débutants, Regular pour les amateurs de haut niveau, Sketch pour les professionnels, wide pour les très grandes surfaces…). Modulables grâce à leur set de mines interchangeables (pas de micro-pointe par contre), ils sont tous rechargeables (mais demandent une certaine dextérité : il faut retirer la pointe grâce à une pince …)gamme de feutres a alcool copic

set de pointes copic

Set de pointes Copic : 5,45€ sur « Géant des Beaux Arts »

¤ Copic Original

Un peu difficile à prendre en main (c’est pourquoi il est destiné aux professionnels), il est connu pour la finesse de ses effets, et la vivacité de ses couleurs mais c’est aussi le plus cher ! Possibilité de remplacer les pointes usagées, ou d’acheter le corps du feutre vide (car les couleurs vendues en recharge sont miscibles entre elles pour obtenir des nuances à l’infini)

tarif : 6,24€ l’unité sur « Géant des Beaux Arts » recharge : 9,95€ sur « Géant des Beaux Arts »
marque : Copic – dispo en 214 teintes
double pointe : par défaut une pointe large biseautée, une pointe fine dure
rechargeable : OUI

¤ Copic Ciao

L’entrée de gamme de la marque copic, pour les débutants… La pointe pinceau a l’avantage de faciliter les grands applats unis. A noter que le copic ciao semble avoir tendance à produire une texture singulière, comme constellée, comparée au promarker (sur un même papier, bristol ici)… A voir si le papier layout permet d’éviter cet effet…

feutres a alcool copictarifMarqueur Copic Ciao 3.75 € à l’unité sur le Géant des Beaux Arts
marque : Copic – dispo en 144 teintes
double pointe : une pointe large biseautée, une pointe pinceau
rechargeable : OUI (le moins cher des rechargeables)

le set de pointes : 5,45€ sur « Géant des Beaux Arts »

¤ Touch

Il s’agit d’une marque récente, qui gagne en succès gràce à son tout petit prix, bien qu’elle ne soit pas encore très répandue en France. Ce feutre se décline sous 2 gammes : le Twin Marker avec ses 2 pointes : large biseautée et fine dure (comme le Promarker ou le copic original) et le Brush Marker avec ses 2 pointes : large biseauté et pinceau (comme le copic ciao).

tarif : 2,50€ l’unité sur Dalbe (Twin Marker)
marque : ShinHan
dispo en 162 teintes pour le Twin, 92 pour le Brush.
rechargeable : NON

Design noir pour le Twin Marker, design blanc pour le Brush Marker !

¤ Chartpak

Interdits à la vente en France (ce sont les fameux feutres qu’il faut utiliser en aérant bien), ils ne sont pas inodores contrairement aux autres, mais leur pointe est bien humide et le blender permet de diluer les couleurs entre elles (je ne les connais pas assez pour vous en dire plus…). Ils ne possèdent qu’une seule pointe, biseautée.

tarif : 3,35€ sur Schleiper.com
marque : AD marker
dispo en 131 teintes
une seule pointe biseautée
rechargeable : apparemment NON

 

 

Trouvez les feutres à alcool Posca, Copic et les feutres promarker letraset chez le géant des beaux artsRougier et Plé, chez Label-art ou chez Price Minister.

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Le découpage dans le manga : La forme des cases

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Le découpage dans le manga : forme des cases

Qu’est ce qui rend les mangas si dynamiques ? Car il faut bien reconnaitre que la narration dans un manga est différente de celle d’une BD franco belge.
Une bande dessinée se découpe en cases, chaque case représentant l’instantané d’une scène, à la façon d’une photo ou d’un arrêt sur image.

C’est donc à travers la succession des cases que l’histoire se déploie : l’espace devient le temps, et chacune des bordures blanches qui séparent les cases constituent autant d’ellipses temporelles que le lecteur doit recomposer mentalement. Sur ce point intervient justement l’un des nombreux aspects qui font diverger manga et bande dessinée franco belge, puisque le manga se permet de jouer avec ce temps elliptique à volonté, en le compressant ou en le dilatant au besoin.

Ce procédé de découpage quasi cinématographique est entre autre ce qui explique le rendu si dynamique des scènes d’action !
En effet, les auteurs n’hésitent pas à multiplier les cases pour montrer les différentes phases d’une action, presque image par image, ce qui permet un rendu très fluide créant par exemple des effets de ralenti. Chose que les mangakas peuvent se permettre du fait du très grand nombre de pages dont ils disposent, contrairement aux auteurs de BD franco belges ou de Comics.

Du coup, exit la page aux 4 bandeaux typiquement franco belge (quoique ça a pas mal changé quand même depuis Tintin et Lucky Luke !), le manga affiche une composition très libre et d’une grande diversité. Et pourtant, cette mise en page que certains n’hésitent pas à qualifier de « brouillon » ne relève pas (seulement) de la fantaisie de leur auteur : les formes des cases ont un rôle précis qui participe aussi à la rythmique !

La case rectangulaire reste bien sûr la base la plus usitée, mais elle aussi se prête à une certaine codification : les cases en longueur signaleront plus volontiers une action dans la durée, ou à durée indéterminée (on les retrouve typiquement pour les vues d’ensemble et les décors, destinés à situer l’action par exemple) tandis que les cases verticales, étroites, se prêtent à des actions plus ponctuelles. On peut faire le parallèle avec la règle de l’imparfait et du passé simple…

Les obliques, elles, se prêtent aux scènes « d’action » (au sens large du terme : il peut s’agir de fusillades comme de scènes de ménage !). On entre dans le langage de la ligne. Alors qu’une page composée par des horizontales et des verticales inspire une certaine sérénité, les obliques et les lignes brisées prêtent à la composition un caractère agressif, rythmé, désordonné, violent…

Pour autant, les cases rectangulaires peuvent aussi exprimer l’action ! Si, si, je vous assure ! Si vous ne me croyez pas, vous n’avez qu’à ouvrir un tome de « Blame » de Tsutomu Nihei (de l’action à n’en plus finir dans plein de cases rectangulaires !)
Il ne faut pas oublier que l’action se traduit par tout un tas de codes graphiques, et ne se réduit pas uniquement à la forme de la case.
Il s’agit ici de jouer sur la composition de la planche complète. Ainsi, il est aussi possible de trouver des cases obliques dans une scène d’apparence banale (quelqu’un qui va ouvrir la porte), et ce dans le but d’instaurer un malaise chez le lecteur.
De même, pour appuyer une scène d’importance capitale, il n’est pas rare de trouver des cases qui occupent toute une page (voire une page et demi ou 2 pages).

De manière générale, la taille de la case est proportionnelle à l’importance qu’on veut lui accorder : il faut donc bien penser son intention, si on veut réussir à créer l’impact voulu (faire passer un élément inaperçu en le noyant au milieu d’une multitude de petites cases ou au contraire le mettre ne gros plan dans une case qui prend la moitié d’une page pour créer un effet dramatique).

<- Ici exemple de l’effet « temps en suspension » sur une double page grâce à la multiplication des points de vue : cela permet d’instaurer une tension entre les personnages en étirant le temps. Ici les cases s’agencent tout autour de la scène centrale qui ne dispose d’aucune bordure et empiète sur chacune des cases plus petites : les frontières entre chacune des cases disparaissent, et comme ces frontières représentent le temps théorique qui devrait séparer chaque « instantané », la scène toute entière devient simultanée (pour schématiser). Les cases en « insert » (c’est-à-dire à cheval ou à l’intérieur d’une autre case plus grande) sont particulièrement adaptées à cet effet.

Autre case à la signification particulière (qui n’est même pas réellement une case à proprement parler) : le personnage en pied, typique des scènes de présentation, qui permettent au lecteur de se faire une idée très claire du personnage et de le mettre en valeur (coiffure, vêtement… même les chaussures !) … Ou comment marquer « héros » sur le front d’un personnage !

Au final, le découpage ne se réfléchit pas case par case, mais planche par planche. Le manga reste un art de l’image, et il ne suffit pas de penser chaque case en terme de contenu, encore faut il ne pas négliger l’importance de leur agencement dans l’harmonie (ou la désharmonie, selon l’effet recherché) finale de l’ensemble.

Les auteurs de shojo sont d’ailleurs particulièrement connus pour cette recherche d’esthétique poussée à l’extrême !

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Références :
1ère image : « Alive, the final evolution » de Kawashima Tadashi et Adachitoka.
2ème image : « Letter Bee » de Asada Hiroyuki
3ème image : « Blazer Drive » de Kishimoto Seishi
4ème image : « Jusqu’à ce que la mort nous sépare » d’Hiroshi Takashige et Double-S
5ème image : « Alive, the final evolution » de Kawashima Tadashi et Adachitoka.
6ème et 7ème images : « Alichino » de Shurei Kouyu

Eskhar Hygan —

Les personnages iconiques dans le manga.

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Les personnages iconiques dans le manga.

Basé sur l’Art Invisible de Scott McCloud, disponible aux éditions Delcourt.

Pour vous le procurer :

La bande dessinée en général et le manga en particulier mettent en scène des personnages aux traits simplifiés, si on les compare au visage d’une photographie ou d’un portrait qui se veut »réaliste ». Ces images simplifiées sont pourtant décodables par le lecteur qui les considère même comme aussi réel qu’un portrait photographique. On réagit tout aussi bien si ce n’est plus à un croquis humoristique qu’à une photo, on se sent concerné.

Un visage tend à se rapprocher de l’abstraction lorsqu’il est simplifié, mais en même temps, le fait d’expurger certains traits permet de mettre d’autres détails en valeur. On ne garde que la signification essentielle de l’image en l’ayant épurée, ce qui permet d’amplifier cette signification. Chose impossible à accomplir dans un dessin réaliste. On peut aussi ajouter que simplifier un visage permet de lui donner une dimension universelle : plus il est simplifié, plus il est susceptible de représenter un vaste nombre d’individus.

Mais pas seulement ça, c’est aussi l’identification du lecteur à un personnage qui est en jeu. Regarder une photographie, c’est regarder quelqu’un d’autre, autrui, une altérité irréductible. En revanche, regarder un dessin simplifié et arriver à y voir un visage, y investir des émotions; cela reviens aussi à investir de sa personne et de son ressenti dans le dessin en question pour l’interprèter.

Plus un dessin est simple, et plus on est susceptible de se reconnaître à travers lui. C’est ce qui peut expliquer l’universalité du succès des dessin animés et humoristiques, tous les publics et tous les âges y sont réceptifs.

Le graphisme de dessin animé est comme un vide dans lequel nous faisons rentrer notre propre personnalité. On ne fait pas que lire une BD, on s’y intègre. Plus la forme est abstraite, plus on peut s’y identifier.

A contrario, on ne s’attend pas à ce que le lecteur s’identifie à un arbre ou un mur de brique, ainsi les décors sont plus généralement dessinés dans un style non pas abstrait, mais réaliste. Les manga pratiquent quasi systématiquement ce décalage entre les deux. Cela permet à la fois de s’identifier au personnage et de se fondre en lui, tout en pénétrant en sécurité dans un monde riche de sensations.

Découvrez le second livre de Scott Maccloud : Faire de la bande dessinée.

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